Véronique a découvert sa passion pour l’accessibilité numérique de manière presque accidentelle. Lors de ses études à l’Université de Liège, elle travaillait sur un projet de portail web destiné aux personnes malvoyantes. C’est là qu’elle a compris : l’accessibilité n’est pas une contrainte technique abstraite, c’est un enjeu humain concret. Quand une personne aveugle ne peut pas naviguer sur votre site, elle n’accède pas juste à des données — elle se ferme des portes professionnelles, administratives, sociales.
Cette réalisation l’a guidée tout au long de sa carrière. Après 6 ans au sein du service informatique de la Région wallonne, où elle a vu de près comment les institutions publiques peinent à intégrer l’accessibilité, elle a pris la décision de se lancer en consultant indépendant. Pendant 5 ans, elle a audité des sites, formé des équipes, écrit des recommandations. Elle a appris à traduire les directives WCAG en langage compréhensible pour les designers, les développeurs et les managers.
Ce qui la motive vraiment au quotidien, c’est l’approche pragmatique. Oui, les normes WCAG sont strictes. Oui, elles demandent du travail. Mais Véronique refuse de les traiter comme une liste de cases à cocher. Elle combine rigueur technique et empathie : chaque recommandation qu’elle formule, elle l’imagine d’abord du point de vue d’une personne en situation de handicap. Est-ce que ça change vraiment son expérience ? Est-ce que c’est durable ? Est-ce que c’est respectueux ?
Quand elle a cofondé Accès Inclusif SPRL en 2022, elle savait exactement ce qu’elle voulait construire : une structure où l’accessibilité n’est pas un service marketing, mais une philosophie. Ses clients viennent des secteurs public et privé — administrations, banques, e-commerces, associations. Dans tous les cas, l’approche reste la même : diagnostic honnête, recommandations réalistes, accompagnement long terme.
Les 14 années d’expérience de Véronique, c’est surtout 14 années de conversations avec des utilisateurs, des équipes techniques, des décideurs. Elle a vu échouer des projets faute de budget, réussir des projets parce qu’une équipe croyait vraiment à l’inclusion. Elle sait que l’accessibilité est d’abord une question de culture organisationnelle. Les outils et les normes suivent.
Aujourd’hui, depuis ses bureaux à Bruxelles, elle supervise une équipe de 5 consultants, pilote des audits complexes et contribue à la définition des politiques fédérales belges d’accessibilité numérique. Elle n’a pas arrêté de se former — elle suit les évolutions des normes WCAG, teste régulièrement avec les lecteurs d’écran majeurs (NVDA, JAWS, VoiceOver), et reste en contact étroit avec les communautés d’utilisateurs en situation de handicap.
Ce qui résume peut-être le mieux son approche ? « L’accessibilité n’est pas une contrainte, c’est une opportunité de créer des interfaces meilleures pour tous. »